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Vendredi 12 novembre 2021, LE GRAND ENTRETIEN reçoit Stéphane Ragusa (Président Directeur Général, Predilife)

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Predilife : cinq questions à Stéphane Ragusa

Prévenir les risques d’un cancer et intervenir à temps, c’est la vocation de la société Predilife. Cette société pionnière dans la conception et le développement de tests de prédiction, permet à chaque personne de définir son profil de risque et de connaître ainsi les maladies graves auxquelles elle peut être confrontée.

Pourquoi avoir créé cette société dans ce domaine particulier ?

J’ai créé cette société car je ne voulais pas avoir de cancer plus tard. J’enseignais les mathématiques appliquées à la médecine et je travaillais dans un centre anticancéreux, Gustave Roussy à Villejuif. Je voyais dans le hall des malades et je me demandais toujours comment nous avions pu les laisser arriver à cet état, et si nous n’aurions pas pu corriger le problème plus tôt. De là est née l’idée de prédire les risques pour anticiper au mieux. Nous proposons des bilans prédictifs qui à partir de quelques questions, des analyses biologiques et un test génétique salivaire permettent de prédire les risques avec un protocole de prévention proposé par un médecin en visioconférence.

Comment arrive-t-on à prédire ce futur ?

Nous comparons un individu à ses voisins comportementaux grâce à l’accès à des bases de données ayant suivi des milliers de personnes sur de nombreuses années. A partir de ces bases d’expériences, que l’on appelle des « cohortes prospectives » enregistrant le mode de vie, les médicaments pris et collectant plus tard les pathologies déclarées, nous arrivons à prédire le devenir d’un nouvel individu de manière fiable avec des méthodes d’Intelligence Artificielle.

Est-ce que la prédiction est juste ?

La prédiction de l’infarctus est bien connue, et chacun comprend qu’avec le cholestérol, la tension artérielle, l’âge et le tabac, nous avons des paramètres qui permettent de prédire le risque de cette maladie. En matière de cancers, les facteurs de risque sont différents mais dès lors que l’on intègre la génétique, le niveau de prédiction est le même. La part entre l’inné - la génétique - et l’acquis est variable selon les cancers mais avec les deux nous arrivons bien à prédire les risques.

À quoi cela sert-il de prédire les pathologies futures ?

Cela sert à anticiper et diminuer le risque comme on le pratique avec les traitements du cholestérol, soit à diagnostiquer plus tôt la maladie, ce qui peut être réalisé avec tous les cancers. Nous avons commencé avec le cancer du sein, où une évaluation de risque permet aux femmes identifiées à risque de commencer les mammographies à 40 ans au lieu de 50 ans par exemple. Si nous détectons un cancer au stade local, nous pouvons l’enlever dans la journée alors que si nous attendons les métastases, la survie est en danger. Identifier plus tôt les cancers est possible pour tous les organes : poumon, côlon, pancréas, encore faut-il savoir si on est à risque et réaliser ensuite l’examen de radiologie approprié : mammographie, échographie, IRM.

Ne craignez-vous pas la concurrence de Google ?

Pas encore, nous avons eu accès à des bases de données académiques, en France, en Europe et aux Etats-Unis qui sont très protégées. J’ai pu avoir accès à ces bases lorsque j’étais maître de conférences à l’Université et cet accès a été maintenu après création de l’entreprise avec toutes les autorisations nécessaires et bien sûr les garanties d’anonymat. Nous avons plusieurs années d’avance sur Google et sommes les seuls à proposer ce service au plan mondial. Nous nous sommes introduits à la bourse de Paris pour financer notre développement et je crois que nous pouvons tout à fait construire un acteur mondial de la médecine prédictive qui soit français.