LE GRAND ENTRETIENven. 27/05/22

Vendredi 27 mai 2022, LE GRAND ENTRETIEN reçoit Christian Sprauer (Fondateur et CEO, Railnova)


Railnova : cinq questions à Christian Sprauer

Railnova est une entreprise innovante qui a développé un boîtier électronique breveté compatible avec tous les trains. Ce boîtier permet de connecter les trains avec le centre de contrôle en temps réel et de les rendre intelligents.

Que fait Railnova ?

Ça nous est tous arrivé de devoir prendre le train et qu’on annonce un retard sans dire pourquoi. En tant que passager, c’est extrêmement frustrant et au global, cela éloigne les gens du transport durable qu’est le ferroviaire. Pour diagnostiquer ces pannes et mieux informer les passagers, Railnova a développé un boîtier breveté qui permet de connecter les trains et de les rendre intelligents. A ce jour, Railnova c’est 3 000 trains connectés dans 16 pays européens et 7 000 utilisateurs des entreprises ferroviaires qui utilisent la plateforme Railnova en temps réel. Railnova emploie actuellement 60 personnes dont la moitié en télétravail, réparties partout en Europe. Nos clients sont les opérateurs ferroviaires en Europe comme la Deutsche Bahn en Allemagne, la SNCF en France, les chemins de fer suisse, néerlandais… Le futur du train connecté, c’est le train 100 % fiable avec une culture du zéro défaut dans le rail. Pour les passagers, cela se traduit par une qualité de service exceptionnelle et des services numériques qui facilitent notre quotidien.

Quels sont les enjeux de la transformation numérique dans le ferroviaire ?

Il y a plus de 130 000 trains à connecter en Europe. La plupart de ces trains ont été fabriqués il y a plus de 15 ans, avant l’ère des objets connectés. Il y a même des trains qui sortent encore des usines aujourd’hui sans solution de connectivité moderne. La problématique que résout le train connecté, c’est d’éviter au conducteur de devoir constater la panne, d’informer le centre de contrôle pour prendre une décision, ce qui mène souvent à un train retardé, annulé, et une rame indisponible pour le trajet suivant.

Quelle est l’histoire de Railnova ?

Je suis né dans le ferroviaire et j'ai fait toute ma carrière. Mon père vendait déjà des trains dans le monde entier. En 2010, alors à la tête d’une flotte de 400 locomotives qui roulaient dans 12 pays, j’ai pu me rendre compte en première ligne que les employés de l'industrie passaient leur temps à collecter la data plutôt que de l’analyser et d’en tirer des bénéfices. J’ai alors fondé Railnova avec un ancien stagiaire en électronique pour résoudre cette problématique. A ce jour, Railnova c’est 3 000 trains, 7 000 utilisateurs des chemins de fer qui utilisent la plateforme Railnova en temps réel, et 60 personnes employées en Europe. Les collaborateurs sont extrêmement demandeurs d’outils modernes pour capter facilement les pannes via les capteurs, les objets connectés, et l’intelligence artificielle.

Quels sont les besoins auxquels Railnova répond ?

Les centres de contrôle des opérateurs ont aujourd’hui besoin de connaître en temps réel les paramètres critiques d’un train pour anticiper les retards, détecter les pannes, et améliorer le confort des passagers. Il faut par exemple mesurer si la climatisation fonctionne bien dans chaque voiture, s'il y a encore assez d’eau dans les toilettes, si les portes peuvent s’ouvrir et se fermer en toute sécurité. Au global, il y a plus de 6 000 paramètres à mesurer toutes les millisecondes sur un train. Envoyer et traiter toutes ces données sur un serveur coûte très cher. Le boîtier intelligent doit donc analyser ces données en local avec des algorithmes et n’envoyer que les résultats des analyses au centre de contrôle.

Quels sont vos prochains objectifs à court et long terme ?

Railnova continue d’embaucher pour accompagner sa croissance sur toute l’Europe car le produit aujourd’hui, est mature. Nous recrutons bien évidemment sur des postes commerciaux, mais aussi sur des postes très techniques pour continuer le développement des logiciels et des capteurs. Le rêve de l’équipe Railnova, c’est d’arriver à connecter plus de 10 000 trains d’ici quelques années.