Vendredi 10 juin 2022, LE GRAND ENTRETIEN reçoit Domenico Di Cicco (Président, Devoteam Revolve)


DEVOTEAM REVOLVE : cinq questions à Domenico Di Cicco

Devoteam Revolve est une entreprise française qui a développé une expertise sur la place du savoir et du travail face à l’avènement de l’automatisation. Sa vocation est d'étudier la place de l’humain face à la technologie.

Quelle est l’histoire de votre société ?  

Depuis 2006, nous avons investi très fortement sur l’automatisation car nous avons perçu très tôt qu’elle allait impacter le futur du travail et la façon de concevoir les systèmes informatiques. C'est donc l'automatisation qui est à l'origine de la création de l’entreprise et ce sont ses impacts qui continuent de nous animer. Nous avons développé une expertise sur la place du savoir et du travail face à l’avènement de cette automatisation.

Quelle est la vocation de Devoteam Revolve ?

Notre vocation est d'étudier la place de l’humain face à la technologie. C'est pourquoi nous étudions les nouvelles pratiques (agilité, culture du feedback, communautés de pratiques, rétro-ingénierie...) et nouveaux usages technologiques (machine learning, IoT, data science...) qui émergent aujourd'hui. Nous les éprouvons, les théorisons et les restituons avec un regard critique auprès de nos clients, partenaires et écosystèmes. Pour nous, comprendre la technologie permet de s’en affranchir et de développer notre créativité.

En quoi le fait d’associer la technologie à des valeurs humaines est une combinaison gagnante pour vous ?  

Nous sommes convaincus que les programmes informatiques sont le reflet des hommes et des femmes qui les programment, ils portent en eux l’identité des ingénieurs qui les développent. Nous appelons cela l’identité technologique. De plus, souvent les projets se heurtent à des difficultés humaines au moins autant que techniques, si ce n’est plus. Autant de projets sont en échec pour des raisons collectives et systémiques et concrètement pour y faire face, nous avons démarré plusieurs initiatives autour du développement des savoirs-êtres. Nous avons également mis en place un cadre qui régit nos actions et notre vision : le H.E.A.T. Le HEAT qui représente les apprentissages nécessaires de notre époque : HUMANITIES (ie. Sciences Humaines) ENGINEERING (ie. Ingénierie) ART et TECHNOLOGY.

L’univers du digital se réinvente tous les jours. Comment faites-vous pour rester innovant ?

Tout d'abord via le recrutement de personnes qui nous bousculent, suscitent les débats et apportent une diversité cognitive qui nous fait avancer et nous rend meilleurs. Ensuite, nous travaillons régulièrement avec des associations dans le cadre de mécénat de compétence, comme avec le CREA Mont-Blanc, ou Konexio, qui nous poussent à être ingénieux et sobres dans notre approche (faire plus avec moins). Enfin, nous co-construisons des solutions en partenariat avec nos clients pour explorer ensemble de nouveaux usages (objets connectés, machine learning, intelligence artificielle, sobriété numérique…) et nous avons lancé un espace dédié pour cela, notre Hackerspace.

Quels sont vos prochains objectifs à court et long terme ?

Nous souhaitons travailler sur les usages technologiques qui ont un impact positif sur les écosystèmes (social, sociétal, environnemental) et les prioriser. Nous partons du principe que la technologie est en soi, ni bonne ni mauvaise, mais que c’est l’usage que l’on en fait ou l’intention qu’on lui donne qui la détermine. Il est donc essentiel pour nous d’étudier et d'appréhender nos rapports avec cette dernière, sa compréhension et développer en ce sens des savoirs nécessaires au service de projets pérennes et souhaitables.