Jeudi 15 septembre 2022, LE GRAND JOURNAL DES AUDACIEUSES reçoit Corinne Blachier-Poisson (Présidente, Amgen France)


AMGEN : cinq questions à Corinne Blachier-Poisson

Amgen est une entreprise de biotechnologies Américaine qui développe et fabrique des thérapies innovantes pour accompagner les patients atteints de maladies graves. Corinne Blachier, Directrice Générale d'Amgen France, revient sur son parcours professionnel et notamment sur son engagement auprès des femmes chez Amgen et plus largement au sein du secteur pharmaceutique.

Que propose AMGEN ? Quelle est votre principale mission ?

Amgen est une entreprise de biotechnologies Américaine qui développe et fabrique des thérapies innovantes pour accompagner les patients atteints de maladies graves. Pourquoi la biothérapie ? Parce qu’on utilise les ressources du vivant (la biologie, la génétique humaine) pour caractériser les mécanismes moléculaires à l’origine des maladies. Notre mission est d’innover pour la santé des patients atteints de maladies graves.

À quelles maladies vous consacrez-vous ?

Nous focalisons nos recherches sur les pathologies dont les besoins médicaux restent importants : cancer, maladies cardiovasculaires, inflammatoires et rénales. Au-delà du médicament, nous nous attachons à développer des solutions d’optimisation de la prise en charge des patients. Cette démarche repose sur l’identification de ruptures au sein des parcours de soins et sur la mise en place d’actions adaptées et co-construites avec les acteurs de santé comme les associations de patients ou de professionnels de santé.

Quelle est la place des femmes dans l’industrie pharmaceutique aujourd’hui ?

La place des femmes y est importante : près de 70% des salariés du secteur pharmaceutique sont des femmes. Mais dans certaines entreprises, elles disparaissent encore souvent lorsqu’on monte dans la hiérarchie. C’est le malheureusement célèbre plafond de verre. Cela tend à évoluer, notamment dans les entreprises américaines qui sont à mon sens en avance sur ce sujet. Dans les entreprises internationales, poste à responsabilité rime très souvent avec mobilité. Et la mobilité peut être plus difficile à accepter pour les femmes qui, parfois, s’autocensurent en raison de leur situation personnelle. Heureusement, cela a commencé à évoluer ces 5 dernières années et on le constate au sein de nos instances représentatives, il y a de plus en plus de femmes à des postes élevés ! La parité, et plus largement la diversité au sein des entreprises, doit venir d’une volonté forte des dirigeants. Une entreprise où les profils professionnels et personnalités sont divers est une entreprise plus performante. C’est également une source d’enrichissement importante au quotidien pour ses collaborateurs. Égalité des chances, parité, refus des discriminations : j’y veille au sein de mon CODIR et à tous les niveaux de l’organisation pour favoriser un environnement de travail sain et respectueux des différences.

Vous avez été nommée directrice générale d’Amgen France en 2019, quel est votre parcours professionnel ?

Diplômée d’HEC et titulaire d’un master d’économie internationale de l’université Paris-Dauphine, je dois dire que c’est « grâce » à un misogyne que j’ai destiné ma carrière au secteur pharmaceutique. A l’époque, j’étais intéressée pour rejoindre la direction commerciale d’un groupe chimique dans lequel je travaillais du côté financier. Le directeur commercial a ouvertement refusé ma candidature ne souhaitant pas de femme à ce poste. C’est donc grâce à lui que j’ai eu l’opportunité de rejoindre la branche pharmacie du groupe Rhône-Poulenc. J’ai continué ma carrière dans le public en tant que responsable de l’évaluation médico-économique à l’AFSSAPS (l’actuelle Agence Nationale de Sécurité du Médicament). Et c’est après avoir occupé diverses fonctions en organisation et marketing/vente dans plusieurs laboratoires dont Novartis, que j’ai rejoint Amgen France en 2009 en tant que Directrice de la Business Unit Néphrologie puis Directrice exécutive de la Business Unit Oncologie/Hématologie en 2011. En 2013, j’ai pris la direction de l’équipe Accès au marché et des Affaires publiques. J’ai ensuite rejoint la maison-mère d’Amgen aux États-Unis pour une mission dédiée à la transformation du Groupe, avant d’être nommée en 2016 Directrice générale d’Amgen Belgique et Luxembourg, puis Vice-Présidente et Directrice Générale d'Amgen France en 2019.

Quelles actions avez-vous menées en faveur des femmes depuis que vous êtes en poste ?

Plus de femmes à la tête de nos entreprises, c’est une excellente chose. Mais il faut aussi aider la génération montante car c’est difficile et surtout : rien n’est jamais acquis ! J’ai toujours été très sensible à la question de l’égalité des chances. Aussi, j’avais déjà initié lors d’un de mes précédents postes un partenariat d’Amgen avec l’association « Nos Quartiers ont des Talents (NQT) », premier réseau d'entreprises engagés pour l'égalité des chances. Depuis 2014, 23 de nos collaborateurs ont accompagné et parrainé plus de 55 jeunes et en majorité des jeunes femmes en études supérieures issues de quartier prioritaires. Depuis 2021, j’ai signé au nom d’Amgen France la Charte d’engagement du collectif Femmes de Santé pour une meilleure représentation des femmes expertes de santé dans les prises de parole publiques. C’est un collectif que nous soutenons car il porte des valeurs fortes que je partage. Je me suis également fortement engagée pour la parité au sein de mon comité de Direction ainsi qu’au sein des instances représentatives des entreprises du médicament comme le LEEM ou l’Agipharm dont je suis actuellement Présidente. Pour pérenniser ces réflexions chez Amgen France, j’ai mis en place une gouvernance avec la nomination d’une référente diversité et inclusion qui travaille avec un groupe de collaborateurs, notamment sur la parité. Il y a encore beaucoup à faire !