Le débatSMART IMPACTlun. 26/04/21

Lundi 26 avril 2021, SMART IMPACT reçoit Vincent Ravat (Directeur Général, Mercialys) et Laurence Maillart-Méhaignerie (Présidente de la commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire)


Les entrepôts logistiques, grands gagnants de la loi climat et résilience

L’article 52 du projet de loi climat et résilience prévoit d’interdire, au nom de la lutte contre l’artificialisation des sols en France, la création de commerces au-delà de 10.000 m2 de surface. Dans l’état actuel du texte, cette interdiction ne concerne pas les entrepôts de e-commerce au grand dam de certains commerçants.

20 à 30 000, c’est le nombre d’hectares agricoles ou forestiers qui sont urbanisés chaque année. Une surface qui correspond à plus de 35 000 terrains de football. “C’est un rythme inquiétant qui est quatre fois plus rapide que la progression démographique” s’alarme Laurence Maillart-Méhaignerie la députée (LREM) d’Ille et Vilaine et Présidente de la commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire. 

Avec la loi climat nous souhaitons diviser ce rythme par deux d’ici une dizaine d’années pour un objectif de zéro artificialisation des sols nette en 2050, explique-t-elle.

Ainsi les députés ont adopté jeudi 15 avril en première lecture, la loi climat et résilience qui interdit notamment la construction de nouvelles surfaces commerciales de plus de 10.000 m2. En revanche, les entrepôts de e-commerce ne sont pas concernés par la future législation. “On partage l’objectif du gouvernement de limiter l’artificialisation des terres agricoles mais le projet de loi se trompe à la fois de cible et de timing” regrette Vincent Ravat, le directeur général de Mercialys, une société experte dans la gestion, la transformation et la valorisation des centres commerciaux

“Aujourd’hui le sujet c’est la croissance exponentielle des entrepôts logistiques qui ont vocation à sur artificialiser les terres d’une manière beaucoup plus marquée que les centres commerciaux, dont il n’y a presque plus de projets de plus de 10.000 m2 aujourd'hui car l’industrie s’est auto-régulée” précise-t-il. 

Un argument que conteste la majorité et Laurence Maillart-Méhaignerie qui rappelle que les entrepôts représentent 1% de l'artificialisation tout en reconnaissant que leur rythme de développement est “inquiétant”. Plusieurs amendements ont depuis été déposés pour inclure les plateformes logistiques à cette législation.