Key Figure du mercredi 5 mai 2021

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SMART WORLD du 5 mai 2021

Le prix du carbone explose

Pour les entreprises polluantes, respecter les nouveaux objectifs environnementaux européens représente un coût de plus en plus élevé.

Le prix du carbone ETS de l’Union Européenne continue son ascension. Il dépasse pour la première fois  

les 50 euros la tonne. Le coût de la pollution atteint désormais plus du double de son niveau pré-pandémique. 

Depuis 2005, un système de quotas d’émissions carbone a été instauré par l’Union européenne pour inciter financièrement les entreprises à baisser leurs émissions.  

On les appelle les ETS, pour Emissions Trading System. 

Selon leur secteur, les entreprises se voient attribuer un certain nombre de quotas correspondant au moins à une partie de leurs émissions. Si elles réduisent la quantité de leurs émissions, par exemple en utilisant des carburants renouvelables ou du gaz naturel au lieu du charbon, elles sont libres de vendre les quotas restants à des fins lucratives.  

Mais si leurs émissions augmentent, elles doivent acheter des quotas supplémentaires pour couvrir le surplus.  

Ainsi, un plafond est fixé pour limiter le niveau total de gaz à effet de serre émis en Union Européenne.   

Le cours des ETS fonctionne comme un vrai marché, selon la loi de l’offre et de la demande.  

Depuis sa création, de nombreuses personnes ont critiqué un prix trop faible et effectivement, le marché des ETS s’est rapidement retrouvé avec un surplus de quotas. Un déséquilibre qui a fait baisser le prix du carbone.  

 Mais depuis 2019, l'UE a mis en place un mécanisme pour réduire les excédents avec la création d’une réserve de stabilité du marché.  

Celle-ci ponctionne le surplus des quotas s’ils sont supérieurs à 900 millions chaque année.  

S’ajoute aussi une baisse linéaire de 2,2 % chaque année des quotas disponibles. 

 Ainsi, les échéances environnementales européennes se rapprochent, les quotas se rendent plus rares, et les prix augmentent.  

Et une nouvelle a créé un boom : L'UE a annoncé la semaine dernière son intention de réduire ses émissions de gaz à effet de serre d'au moins 55% d'ici 2030 par rapport à leur niveau de 1990. La courbe des prix monte en flèche.  

Selon l’UE, cette initiative limite les émissions d'environ 10 000 installations du secteur électrique et de l'industrie manufacturière, ainsi que des compagnies aériennes. Parmi les entreprises concernées se trouvent, par exemple, Arcelormittal, Shell, Total, Esso…  

Selon l’UE, En 2020, les émissions des secteurs couverts par le système devraient être inférieures de 21 % par rapport aux niveaux de 2005. 

 Si l'augmentation du coût de la pollution pour les fournisseurs d'électricité et l'industrie, est bénéfique pour l’environnement, certains pointent du doigt un risque que le rythme de la hausse des prix soit plus rapide que celui de l’adaptation des entreprises aux nouvelles normes. Un rythme trop rapide peut aussi défavoriser les entreprises européennes par rapport à celles qui ne doivent pas suivre les mêmes directives dans le monde... Selon le FT, par exemple, le secteur sidérurgique en Europe, serait confronté à des coûts de carbone d'environ 2 milliards d'euros cette année aux niveaux de prix actuels. Pourtant, dans son récent rapport, l’OCDE juge que les prix du carbone sont encore trop bon marché pour vraiment faire changer les habitudes.