Tech talkSMART TECHlun. 31/05/21

Lundi 31 mai 2021, SMART TECH reçoit Claire Balva (KPMG) et Florie Marie (porte-parole du parti pirate)


Le Bitcoin est-il trop polluant ?

Les cryptomonnaies, notamment le Bitcoin, sont régulièrement accusées de générer une importante pollution à cause de leur mode de production très énergivore, le “minage”, qui repose sur l'activité de milliers d’ordinateurs.

“Il y a un vrai débat” reconnaît Claire Balva, Directrice Blockchain & Cryptos chez KPMG France, “ce que je constate souvent c’est que cet argument écologique, qui peut bien sûr être valable, est opposé par des gens qui sont convaincus que le Bitcoin est inutile”, affirme-t-elle. “La vraie question pour moi ce n’est pas tant est-ce-que le Bitcoin pollue, parce que finalement tout pollue, c’est plutôt est-ce-que le Bitcoin pollue trop par rapport à son utilité pour la société”

Un avis partagé par Florie Marie, la porte-parole du Parti Pirate Français, un mouvement politique international qui propose un renouveau démocratique en s’appuyant sur les outils numériques. “Le Bitcoin est un sujet que l’on n’a pas intégré dans notre programme politique (...) en effet ce sont souvent des personnes opposées au Bitcoin qui affirment que cela pollue mais c’est un vrai sujet de savoir quelles sont les externalités positives du Bitcoin", explique-t-elle. “Au Parti Pirate nous sommes technophiles mais nous ne sommes pas "techno béas" pour autant, c’est à dire que l’on ne va pas avoir des étoiles dans les yeux à chaque fois que l’on voit une nouvelle technologie, on va l'étudier et on va en débattre pour voir en quoi elle est positive, c’est ce que l’on fait actuellement avec le Bitcoin”.

Pour les détracteurs de cette technologie, la production de bitcoins est dépendante d’infrastructures matérielles particulièrement gourmandes en énergie dont la consommation totale serait comparable à celle de pays comme l’Argentine ou l’Arabie Saoudite. “Ce qui pollue c’est ce qu’on appelle le minage, qui consiste à valider les nouvelles transactions qui sont faites en Bitcoins”, admet Claire Balva, “la particularité du Bitcoin c’est que ce n’est pas géré par une institution centralisée, ce sont des passionnés, des entrepreneurs, des entreprises qui effectuent ce minage” détaille-t-elle, “ce minage nécessite la résolution d’équations cryptographiques, donc cela consomme nécessairement de l'électricité”

Pour autant le Bitcoin consomme-t-il plus d’énergie que d’autres activités numériques comme les data centers ? “C’est difficile de comparer”, explique la directrice Blockchain & Cryptos de chez KPMG France. “On sait quelle est la consommation énergétique du Bitcoin mais pour la plupart des entreprises comme Facebook ou Whatsapp, on ne la connaît pas forcément au watt près. Pour le Bitcoin on estime aujourd’hui que cela représente entre 0,15 et 0,3 % de la consommation électrique mondiale, ce qui n’est pas négligeable, mais ce n’est pas non plus énorme comme certains aimeraient le faire croire”, affirme Claire Balva.

Côme Dubois