Key FigureSMART WORLDmar. 15/06/21

SMART WORLD du 15 juin 2021


Japon : cap sur l’hydrogène

Le Japon est particulièrement investi dans le secteur de l’hydrogène

De plus en plus, le Japon veut se positionner comme un “pays hydrogène”. Le Japon va investir plus de 15 milliards d’euros, d’ici 2030, pour accroître sa capacité de production. Il veut passer à une production de dix millions de tonnes par an et construire plus de 30 réacteurs. Dans sa feuille de route, le Japon vise bien entendu les secteurs énergétiques mais aussi du bâtiment et de l’automobile.  

Le Japon fait face à de nombreux problèmes d’approvisionnement et de production : Il importe près de 90 % de l'énergie qu'il utilise et dispose d'un espace limité pour construire des panneaux solaires ou éoliens. Le nucléaire est aussi beaucoup moins sollicité depuis les conséquences du séisme à Fukushima.  

La dépendance énergétique du Japon rend les objectifs des zéro émission d’ici 2050 difficiles à atteindre. Le pays prévoit donc d'utiliser l’hydrogène pour assurer la transition. Dans un premier temps, il sera produit en grande partie à partir de combustibles fossiles importés. L'objectif à long terme est ensuite de faire de l'hydrogène « vert », en utilisant de l'électricité à partir de sources d'énergie renouvelables. Une troisième voie est analysée : celle de l’ammoniac. C’est un carburant sans émissions de CO2, le plus rapidement déployable à grande échelle. Ce dérivé azoté est plus coûteux à fabriquer, mais beaucoup plus facile à transporter et à stocker, et donc à commercialiser, que l'hydrogène pur. 

Pour les JO, le Japon s’est donné de grands objectifs : alimenter toutes les infrastructures grâce à de l’hydrogène. 

Des piles à combustible stationnaires y fourniront l’électricité et le chauffage de l’eau chaude sanitaire. Le transport des athlètes sera aussi assuré par des bus à hydrogène, développés par Toyota et Hino. Même la vasque qui accueille la flamme Olympique sera alimentée avec de l’hydrogène qui provient d’une usine de production à Fukushima. 

Sibylle Aoudjhane