Jeudi 17 juin 2021, SMART JOB reçoit Latifa Hakkou (présidente, ARSEG) , Christophe N'guyen (président, Empreinte Humaine) et Audrey Richard (présidente, ANDRH)

+ plus
    Disponible en audio

    Apple Podcast, Spotify, Deezer...

Retour au bureau, le malaise ?

Les salariés reviennent au bureau. Ont-ils traîné les pieds ? Les habitudes de travail, voire même, la façon de vivre, vont-elles être transformées ? Ils ne veulent plus du 100% présentiel ou 100% distanciel mais privilégient un mode de travail hybride. Le retour au bureau modifie les organisations et le management.

En un an, les mentalités ont beaucoup changé. De nouvelles habitudes de travail se sont installées avec une organisation très différente. Pour Audrey Richard, Présidente de l’ANDRH : “La majorité des salariés, pendant toutes ces semaines et ces mois nous ont demandé de revenir. Aujourd’hui, il y a un assouplissement du télétravail, majoritairement, les salariés sont contents d’y retourner pour retrouver leur collègues, travailler de façon collaborative… Mais ils ne veulent pas revenir comme avant. C’est donc pour cette raison que l’organisation du travail a été adaptée. Des accords télétravail ont été signés pour proposer du travail hybride : environ deux jours en télétravail, trois jours en entreprise.”

Les employés reviennent, mais pas de la même manière. Latifa Hakkou, présidente de l’ARSEG et directrice de l’environnement de travail HSE d’IPSEN, précise, appuyant les propos d’Audrey Richard : “on est dans ce que l’on appelle le “nouveau normal”, on n’est pas sortis de la pandémie, mais bien évidemment, cette période n’est pas anodine. On vient de passer plus d’un an en télétravail, trois confinements, trois déconfinements, c’est perturbant mais à la fois enthousiasmant parce que cela a permis de créer aussi des opportunités. Petit à petit, les collaborateurs reviennent. Il y a des accords, comme l’a expliqué Audrey Richard, et les salariés sont ravis de cette hybridation : à la fois de revenir au bureau, pour créer du sentiment d’appartenance, de l’interactivité avec ses collègues, le manager, les collaborateurs et en même temps, avoir ce côté d’être à la maison qui permet de se concentrer et d’éviter les transports qui sont un élément qui vient aussi peser et qui a permis aussi de créer de la fluidité.” Concrètement, les salariés sont donc en demande de souplesse à la suite de cette crise Covid. 

2 millions de salariés sont en burnout 

Il y a, par ailleurs, de fortes tensions psychologiques, selon la 7e vague du baromètre d'Empreinte Humaine, les chiffres sont alarmants : 2 millions de salariés sont en burnout sévère à l’aube du retour au bureau. 44% des salariés sont en situation de détresse psychologique et 36% sont en dépression nécessitant un traitement. Pour Christophe N’guyen, psychologue du travail et Président du cabinet Empreinte Humaine : “Aujourd’hui, ce que l’on voit, c’est que la moitié des salariés ont des difficultés psychologiques liées au travail, qui depuis un an s’est dégradé, avec un télétravail mis en place difficilement, avec une crise perpétuelle, de la compétition et des tensions (notamment entre les personnes dans les entreprises). Il y a aussi eu des incivilités numériques et les travailleurs étaient particulièrement exposés. Et surtout, un manque de présentiel qui permet de réguler ces tensions, et un manager, du fait de ces difficultés, en télétravail, à distance, qui ne pouvait pas toujours gérer cela. Cela aussi, c’est un frein au retour dans les locaux. On peut voir qu’il y a aussi de nouvelles attentes derrière et une en particulier, qui est centrale, c’est celle du bien-être psychologique, de la santé mentale au travail et qui doit être forcément pris en compte dans ce retour. Là, on a les deux tiers des salariés qui disent ne plus vouloir travailler dans des environnements qui peuvent menacer leur santé psychologique.”

Audrey Richard, Présidente de l’ANDRH, Latifa Hakkou, présidente de l’ARSEG et directrice de l’environnement de travail HSE d’IPSEN et Christophe N’guyen, psychologue du travail et Président du cabinet Empreinte Humaine sont les invités de SMART JOB. 

Pauline GRATELLE