ActionBE SMARTmar. 22/06/21

Mardi 22 juin 2021, BE SMART reçoit Xavier Caïtucoli (PDG, Transition)


Transition énergétique : les SPAC à la rescousse ?

Le fondateur de Direct Energie, Xavier Caïtucoli et ses deux associés Erik Maris et Fabrice Dumonteil ont annoncé la création d’un SPAC baptisé « Transition ». Ils ont l’ambition de lever des fonds et d’entrer à la Bourse de Paris pour faire émerger un nouvel acteur européen majeur de la transition énergétique.

La folie des SPAC est-elle en train de gagner la place parisienne ? En tout cas, le phénomène commence à prendre de l’ampleur. «C’est un outil financier, un objet qu’on va coter en bourse en levant des fonds, avec une thèse d’investissement», résume Xavier Caïtucoli. La thèse des fondateurs de « Transition » est claire : «la transition énergétique rentre dans une nouvelle phase, et elle a besoin de beaucoup de financements, mais aussi d’un nouvel écosystème pour transformer les acteurs», indique-t-il.  

Mais alors pourquoi choisir une «Special Purpose Acquisition Company» pour parvenir à cet objectif ? «On va entrer dans une période d’accélération et de transformation inouïe dans les 30 prochaines années, et le SPAC permet à la fois de réunir des capitaux aujourd’hui, des capitaux demain grâce à la cotation mais aussi des savoir-faire», argumente Xavier Caïtucoli.  

Pour le fondateur de « Transition », l’acteur qui naîtra de ce SPAC aura besoin de tous ces éléments pour se transformer en « vrai énergéticien ». Il identifie un grand nombre d’ETI, «des acteurs de phase 1 de la transition énergétique qui ont pu se développer à coups de subventions», précise-t-il. Problème : cette source de financement s’est considérablement tarie depuis. Pour se développer davantage et «passer à la phase 2», les SPAC deviennent une alternative crédible pour accéder à des capitaux et à du savoir-faire. D’autant qu’il y aura beaucoup de places à prendre. «La production d’électricité d’ici à 2050 va être multipliée par 2, si on veut atteindre la neutralité carbone il faut quitter le pétrole et aller vers l’électricité, qui va être de plus en plus produite par du renouvelable. Aujourd’hui dans le monde la part de renouvelable dans la production c’est à peu près 10%, et cela va passer à 50-60% à horizon 2050», développe Xavier Caïtucoli.   

L’objectif de transformation totale de la production d’énergie d’ici à 2050 fixé par l’Agence Internationale de l’énergie implique une «accélération obligatoire» mais aussi une «disruption technologique» en plus de la «disruption financière» que représente le tarissement des subventions, estime le fondateur de Transition. Partant de ce constat, son SPAC cherche un acteur «capable d’aller sur toute la gamme de production d’énergie» pour faire émerger une entité européenne majeure de la transition énergétique.

Joséphine Dacoury