L'invitéSMART IMPACTven. 25/06/21

Vendredi 25 juin 2021, SMART IMPACT reçoit Fabrice Amedeo (navigateur)


Fabrice Amedeo part à la chasse au micro plastique

Fabrice Amedeo, mi-journaliste mi-navigateur, part pour un tour de France en bateau plutôt inédit. Au programme, non pas une course au large comme à son habitude mais une chasse au micro plastique le long des côtes françaises. L’expédition débute ce dimanche 27 juin et part de Dunkerque

Le skipper Fabrice Amedeo joint l’utile à l’agréable : il va entamer une expédition en solitaire source de contemplation et au service de la science. “Le bateau est doté de capteurs qui tournent 24h sur 24 pour mesurer les niveaux de pollution de la Manche, de l'Atlantique et un peu plus tard de la Méditerranée,” décrit-il, “j’ai deux capteurs sur le bateau. L’un mesure le Co2, la salinité et la température de l’océan”. Des datas très importantes pour la communauté scientifique : “ces données permettent de mieux comprendre les conséquences sur l’océan du réchauffement climatique et de l’augmentation du Co2 dans l’atmosphère”, en ayant pleine conscience que l’océan est un immense réservoir à carbone. Ce sont l’Ifremer, l’Institut Max Planck et Geomar qui sont chargés de l’analyse de ces données. 

“D’autre part, le second capteur permet de mesurer la pollution microplastique de l’eau. Sur ce point je travaille avec l’Université de Bordeaux et l’Ifremer”, précise-t-il. Ce deuxième axe d’étude s’avère être la clef de voûte du projet. 

Comment ces capteurs fonctionnent ? “Le premier capteur énoncé c’est de la data en direct. De l’eau passe dans le capteur et des modules mesurent en temps réel ces données dans l’océan. En revanche, le second capteur n’est pas capable de mesurer en temps réel la présence de micro plastique dans l’océan. Il y a donc un système de filtre avec trois tailles de tamis différentes", explique Fabrice Amedeo. “Il y a également un Filet Manta à bord qui permet de faire des mesures du micro plastique en surface. Le tamis du filet fait 300 microns”, poursuit-il. Ces différents outils vont permettre de comparer l’état des micro plastiques présents en surface avec ceux de profondeur. 

Cet amoureux de l’océan a souhaité mêler compétition et engagement citoyen face à une urgence qui semblerait indiscutable. “Aujourd’hui on ne peut plus être marin et faire comme si de rien n’était. On voit vraiment la situation se dégrader d’année en année. Par exemple, dans le dernier Vendée Globe j’étais dans l’atlantique sud, à 3500 km de toutes les côtes terrestres. Et pourtant, j’ai vu des bouteilles plastiques flottées, elles avaient fait un voyage de 3500 km !”, déclare-t-il.

Louison Guegaden