Le cercle RHSMART JOBven. 25/06/21

Vendredi 25 juin 2021, SMART JOB reçoit Marine Balansard (DG, Ariseal) , Jean-Claude Beaujour (vice-président, France-Amériques) et François Vigne (Associé, Sycomore Corporate Finance)


Assurance-chômage : une copie à revoir

La réforme devait démarrer au 1er juillet : le Conseil d’État estime que ce n’est pas le moment, mais le Gouvernement est en cours de réécriture sur une nouvelle version, un nouveau décret pour que dans trois mois, en octobre, il y ait une réforme de l’assurance-chômage.

“Si on ne continue pas les réformes, notre mandat n’a pas de vocation. Nous sommes venus en 2017 pour transformer profondément la société”, avait appuyé Sylvain Maillard, député LREM sur le plateau de SMART JOB le 26 mai dernier pour défendre la réforme de l’assurance-chômage. Plus d’avantages à ne pas travailler qu’à travailler : cette réforme était bâtie dessus, et aussi sur un déficit endémique qu’il fallait résorber. Alors, était-ce le bon moment pour réformer, en pleine crise Covid ? 

Selon Jean-Claude Beaujour, avocat international en droit des affaires et vice-président de France-Amériques, il y a un constat : “On vit plus longtemps, le système est grippé, il faut trouver des solutions. J’entends beaucoup dire “toute réforme va pénaliser les plus précaires”. Je pense qu’il faut arrêter ! Ce clivage est difficile à entendre parce que la préoccupation réelle est : créons de l’emploi et faisons en sorte que cela soit moins coûteux que le fait de financer du chômage. L’objectif d’une vie n’est pas de financer le chômage et nous entendons très bien qu’il y a des gens en situation de vulnérabilité : on connait tous dans notre entourage un frère, une cousine, qui est au chômage. Pour autant, il faut tout mettre en place pour faciliter l’embauche. N’oublions pas une chose, que l’objectif principal est que les gens aillent travailler. Je vois beaucoup de personnes qui ont perdu l’habitude de se réveiller, de se doucher, qui ne se font plus confiance et c’est détestable pour les enfants ! Si vous n’êtes qu’au chômage, comment voulez-vous que votre enfant vous regarde positivement ?”s’interroge-t-il. 

Il faut donc réduire la durée du chômage pour pousser les gens à aller vers le travail. François Vigne, fondateur et directeur associé de Sycomore Corporate Finance et membre des EDC est d’accord avec cette philosophie, mais nuance : “L’important, c’est l’objectif. C’est de réduire le chômage. La France souffre depuis longtemps d’un chômage de masse et long. Le Gouvernement lui-même avait suspendu la réforme. Et si elle n’est pas capable de supporter la crise, ce n’est pas bon. Aujourd’hui, ce qui est prioritaire en France est de recréer la confiance. Cette révision peut être anxiogène parce qu’elle manque de clarté. L’urgence est de créer de la confiance. À un an des élections présidentielles, un Président n’est plus légitime pour porter des réformes aussi lourdes que celle-là.”

Le Gouvernement est donc en train de réécrire la base des calculs d’indemnités journalières, qui sert à calculer le chômage, et sur ce point, le Gouvernement doit revoir sa copie. Pour Marine Balansard, DG du cabinet de formation et de conseil Ariseal, “On essaye de sortir d’une crise, il n’y a plus de bon moment pour réformer. Je pense que maintenant, il faut y aller !” Elle interpelle François Vigne : “Vous dites que le Gouvernement n’a plus de légitimité pour réformer, mais il n’a plus que cela à faire puisqu’il n’a pas de bilan pour l’instant. Il n’a pas un bon bilan sur la crise, il n’a pas engagé de réforme, et il n’y a jamais de bon moment, ni pour l’assurance-chômage, ni pour les retraites.”

Jean-Claude Beaujour, avocat international en droit des affaires et vice-président de France-Amériques, François Vigne, fondateur et directeur associé de Sycomore Corporate Finance et membre des EDC et Marine Balansard, DG du cabinet de formation et de conseil Ariseal sont les invités du Cercle des Experts de SMART JOB. 

Pauline Gratelle