L'invitéSMART IMPACTmer. 30/06/21

Mercredi 30 juin 2021, SMART IMPACT reçoit François Petry (DG, LafargeHolcim)


Le Syndicat Français de l’Industrie Cimentière (SFIC) a présenté la feuille de route de décarbonation de sa filière.

Lucide sur les conséquences environnementales du secteur, l’industrie cimentière se mobilise pour réduire son émission de Co2. Son syndicat français, le SFIC, a annoncé vouloir réduire son empreinte carbone de 80%. LafargeHolcim, leader mondial des matériaux de construction, va devoir se plier à ses directives sans compromettre les attentes de l’urbanisation.

La filière cimentière se sent concernée par l’élan de décarbonisation qui s’étend sur l’hexagone. En effet, elle est responsable de 2,9% des émissions carbone en France. La feuille de route du SFIC évoque un premier palier de réduction de 24% en 2030. Comment le groupe LafargeHolcim va y parvenir ? Son directeur général, François Petry, y répond : "ses engagements sont basés sur tout un ensemble d'initiatives de différents niveaux. Cela passe par l’amélioration de l’efficacité de nos usines et de nos process, par le remplacement du combustible fossile par des déchets ou par la mise en marché de nouveaux produits qui vont moins faire appel au clinker.” Le clinker est la “matière première” du Co2. Sa fabrique, qui passe par la cuisson du calcaire et de l’argile dans des fours à très haute température, est un gros générateur de Co2. 

Un procédé encourageant portant sur le recyclage du béton vient compléter les outils de transition. “On concasse le béton, on le recarbonate car on l'a décarbonaté pendant sa fabrication et on le réutilise comme granulat.”

Une transition nécessaire et imposée au secteur, à quel prix ? “Notre industrie est de long terme. Cette transition induit des investissements massifs de plusieurs centaines de millions d’euros en France. Pour cela il est indispensable qu’il y ait une compréhension du marché et de la réglementation pour nous permettre, à nous et à nos investisseurs et actionnaires de mobiliser ces fonds”, insiste-t-il. 

Pour François Petry, les changements réglementaires correspondants aux attentes grandissantes de la société ne sont pas forcément évidents à mettre en place. “Actuellement, on est plutôt dans une période de tension forte, où les nouveaux objectifs de baisse de la stratégie bas carbone ou la mise en œuvre de la nouvelle loi R2020 de la réglementation énergétique en particulier sur les bâtiments, peuvent générer des accélérations peu compatibles avec les cycles industriels et d’investissement qui sont les nôtres."

La France est plutôt bon élève en matière de transition écologique dans ce secteur d’après François Petry, “la France est un des marchés les plus exigeants et qui se met en route de façon active. On est en avance sur beaucoup de pays européens.”

Louison Guegaden