Vendredi 9 juillet 2021, BE SMART reçoit Marie Guillemot (présidente, KPMG France)

    Disponible en audio

    Apple Podcast, Spotify, Deezer...

Reprise économique : KPMG France veut recruter pour faire face au regain d'activité

KPMG France est aujourd’hui le numéro un de l’audit-conseil dans l’Hexagone et réalise plus d’un milliard d'euros de chiffre d’affaires par an. Le groupe est également membre de KPMG International, un réseau de cabinets indépendants qui réalise près de 30 milliards de chiffre d’affaires par an et emploie 220 000 salariés dans le monde.

Créé en 1922 à Grenoble, KPMG France est depuis près de cent ans, un observateur privilégié de l’économie française et mondiale. Depuis le début de la pandémie, le cabinet a été particulièrement sollicité par les entreprises françaises, pour leur permettre de résister au mieux à cette crise et d’utiliser à bon escient les aides financières massives de l'État. 

Cette abondance de liquidité a poussé les grands groupes à se renforcer, en multipliant les fusions-acquisitions. “Ce que l’on peut voir chez KPMG c’est qu’il y a beaucoup de liquidité, il y a beaucoup d'appétit pour prendre des positions. Des positions qui se font dans des entreprises ou des secteurs d’activité, qui sont plus pérennes et qui sont amenés à rebondir fortement en sortie de crises”, observe Marie Guillemot, la nouvelle présidente du directoire de KPMG France, “il y a aussi une profonde transformation des entreprises dans leur organisation, dans leur façon d’articuler leur chaîne logistique et dans leur façon de concevoir les services et les produits. Tout cela draine beaucoup d'activités, demande des financements importants et donc il y a des positions à prendre dans cette reconfiguration du paysage économique”, explique-t-elle. 

Ce regain d’activité est bénéfique à KPMG qui refuse même des dossiers, faute de personnel disponible. “Il y a eu une suspension des transactions au moment du premier confinement l’année dernière, mais en vérité plus court que ce que à quoi on s’attendait, et cela repart très fort, tellement fort, que nous sommes dans l’incapacité de faire face à l’ensemble des sollicitations", indique Marie Guillemot, “on refuse des dossiers depuis plusieurs mois, parce que notre bonne réputation fait que nous sommes particulièrement sollicités, or nous cherchons à avoir un bon équilibre entre servir nos clients et préserver nos équipes, parce que la charge de travail est extrêmement soutenue en ce moment”, ajoute-t-elle.

Les métiers du conseil sont en effet très chronophages et énergivores avec parfois des effets sur la santé des salariés qui les exercent. Récemment chez EY (un des concurrents directs de KPMG, ndlr), une fronde a opposé les salariés à leur direction, à propos du temps de travail hebdomadaires de certains cadres. En effet une clause limitant à quarante-huit heures par semaine, le temps de travail des cadres autonomes du cabinet d’audit financier avait été retirée de la convention collective. “Nos métiers sont des métiers dans lesquels il y a une exigence forte en termes d’accompagnement des clients et de qualité du travail”, reconnaît la présidente du directoire de KPMG France, “il faut avoir le bon baromètre, on ne peut pas faire crouler nos équipes sous une charge de travail, c’est la raison pour laquelle chez KPMG, nous avons stoppé certaines opportunités, pour que nos équipes puissent reprendre leur souffle, pour avoir le bon discernement dans cette période de fortes tensions”.

Pour continuer son développement, le leader de l’audit-conseil en France souhaite donc recruter massivement de jeunes talents. "Nous sommes en forte croissance donc il faut qu’on fasse grandir des talents. Nous voulons recruter 2000 personnes en CDI, 400 en apprentissage”, précise Marie Guillemot, “nous cherchons donc à donner envie aux jeunes de nous rejoindre. Pour cela nous essayons de les outiller avec les dernières technologies : nous avons investi 5 milliards de dollars sur cinq ans au sein du réseau KPMG. Nous travaillons aussi sur la dimension d’engagement sociétal et environnemental, avec la volonté de former nos jeunes dans ces domaines”.

Côme Dubois